Un non-voyant brise toutes les barrières

Styliste et producteur audiovisuel

Marie Pier Lécuyer mariepier.lecuyer@tc.tc
Publié le 2 juillet 2016
Mason Ewing
TC Media - Marie Pier Lécuyer

MODE. Fraîchement débarqué au pays depuis à peine quelques mois, le styliste et producteur audiovisuel non voyant Mason Ewing présentera son tout premier défilé en sol canadien à Gatineau, le 8 septembre prochain.

À 34 ans, l’homme né au Cameroun et ayant grandi en France, aurait pu baisser les bras devant les obstacles de la vie.

C’est que le styliste, designer et producteur audiovisuel ne l’aurait pas eu facile dans son enfance, raconte-t-il, installé dans son tout nouveau logement d’Ottawa.

Il raconte avoir vécu l’enfer pendant plusieurs années, dans sa jeunesse. Né en 1982 au Cameroun, il a été élevé en France par sa grande-tante et son mari dès l’âge de sept ans. «J’ai beaucoup souffert», lance-t-il d’abord.

Il évoque des années d’enfer. «Pendant toutes ces années, ils m’ont battu, ils m’ont brûlé, ils m’ont séquestré, ils m’ont enfermé dans une chambre, ils m’ont mis du piment dans les yeux…», raconte-t-il.

«C’était un calvaire assez atroce pour moi», assure celui qui a perdu la vue en 1996.

Dans quelques mois, il présentera le défilé Espoir pour l’avenir, qui se déroulera au Hilton du Lac-Leamy. Il s’agira de son 9e en carrière. «Moi, mon but, c’est que tout le monde ait une chance, donc je vais faire défiler des mannequins qui ont bien sûr les critères de la mode, mais certains avec un handicap», note-t-il.

Une douzaine d’hommes et de femmes défileront, alors qu’il présentera la collection Madison, une marque de vêtements avec du braille, afin qu’un aveugle soit en mesure de reconnaître la couleur du vêtement au toucher. Une marque qui sera aussi intéressante pour un voyant, assure-t-il. Il présentera aussi certaines des robes qu’il a imaginées.

Celui qui a perdu sa mère à l’âge de quatre ans dit vouloir marcher dans ses pas, elle qui était modéliste styliste. «Comme elle n’a pas pu réaliser son rêve, j’ai décidé de suivre ses traces», raconte Mason.

Quand il a voulu organiser son premier défilé, présenté en 2006, personne n’y croyait, admet l’homme. Envers et contre tous, il a été cherché un à un les appuis, pour finalement présenter cet événement. «Ce jour-là, c’était le plus beau jour de ma vie», se rappelle-t-il.

«Je n’ai jamais baissé les bras», poursuit-il. Intéressé par l’Amérique, il a voulu s’établir au Canada notamment pour faire découvrir son travail, mais aussi dans le but d’ouvrir une filiale de sa société, Mason Ewing corporation.

De l’ambition sans borne

Mason Ewing a de l’ambition. Sa société fait dans la mode, la littérature et bien plus encore.

Il s’intéresse aussi à l’audiovisuelle, son premier rêve, le premier amour de sa vie.

Le court métrage Une lueur d’espoir. Un projet de long-métrage Les petits anges du monde, est aussi dans les cartons. Il vise aussi la réalisation de séries télés.

«Ma passion, mon rêve à moi, c’est vraiment le cinéma», conclut celui qui entend bien mener à bien les différents projets qu’il a en tête.

Pour contacter Mason Ewing: 613 869-8499 ou mewing@masonewingcorp.com