Apprendre qu’on est autiste à 35 ans


Publié le 31 mars 2017

Éric et Geneviève le matin, sur les ondes de Wow FM.

©Photo : Facebook

AUTISME. Après s’être senti «bizarre» toute sa vie, l’animateur Frédéric Bisson a finalement reçu un diagnostic d’Asperger à l’âge de 35. Un soulagement qui lui a permis de recommencer sa vie, selon le principal intéressé. 

« Quand la médecin m’a donné la feuille qui m’expliquait ce que c’était être Asperger, je suis resté dans le bureau et je me suis mis à pleurer. Je n’en avais jamais entendu parler et je me suis dit que j’avais trouvé ce que j’avais, que je n'étais pas fou dans ma tête.»

Pendant plus de 20 ans, Frédéric Bisson a souffert de diagnostics erronés : anxiété, dépression, bipolarité, déficit de l’attention, borderline, etc.  À l’âge de 35 ans, il a finalement reçu un diagnostic d’autisme de type Asperger lors d’une visite dans une clinique de Toronto. À partir de ce moment, sa vie a changé. 

«Les gens se demandent comment ça se fait que j’ai pu réaliser à 35 ans que j’étais autiste, que je ne devais pas l’être vraiment. Mais oui on s’en rend compte, c’est juste que je ne savais pas que c’était ça.»

Faillite, déménagement, changement d’emploi, Frédéric Bisson a tout quitté pour revenir vivre chez ses parents à Gatineau. Il a arrêté de chercher son problème, dit-il, comprenant enfin pourquoi il n’avait jamais réellement compris comment les gens autour de lui fonctionnaient. 

«Les personnes Asperger on ne ressent pas de grosses émotions. On comprend les émotions claires, mais on n’est pas heureux ou fâché ou triste ou dépressif. On n’est ni heureux, ni triste, ni fâché, mais je sais que quand je ne pleure pas je ne suis pas triste.» 

Depuis, il a énormément cheminé. L’animateur du matin à WOW 97,1, et blogueur au Huffington Post s’est enfin senti libre d’être lui-même auprès de son entourage. Sur son milieu de travail, tout le monde est au courant. 

«Avant mon diagnostic, en moyenne, je déménageais et je changeais d’emploi chaque année. Depuis cinq ans, je suis beaucoup plus stable. Mais c’est difficile parce que j’ai souvent envie de m’en aller ou de m’isoler. À ce moment, je le dis à mes patrons et mes collègues et on fait des farces avec ça. Je leur dit que j’ai un ”moment autiste“.» 

L’originaire de Gatineau préfère toutefois ne pas donner de conseil aux autres adultes qui pensent composer avec un trouble du spectre de l’autisme (TSA). Si les ressources manquent, il mentionne toutefois qu’il faut garder espoir. Il en est la preuve vivante. 

«Peu importe si vous allez chercher un diagnostic ou pas, l’important c’est de savoir qu’il y a des gens qui vous aiment autour de vous et que vous pouvez réussir dans la vie.»

Conférence 

Dans le cadre de la programmation régionale du Mois de l’autisme, Trait d’Union Outaouais Inc. (TUOI) présente une conférence de Frédéric Bisson, animateur du matin à WOW 97,1, et blogueur au Huffington Post. 

Dans cette conférence, il parlera ouvertement de son cheminement d’adulte autiste, des réactions de son entourage et de l’acceptation de sa différence. 

Samedi 1er avril, 10 h, au 109 Wright, local 105, Gatineau (Hull). Entrée libre (contribution volontaire au profit des camps d’été de TUOI). Détails au traitdunionoutaouais.com

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