Le trophée Jean-Béliveau à Vitalii Abramov


Publié le 18 mars 2017

LHJMQ. Il a raconté qu'il n'y pensait pas trop, mais n'a pas caché sa joie lorsqu'on lui a annoncé la bonne nouvelle.

Tout juste avant le début de la troisième période, l'annonceur-maison Serge Côté a confirmé que Vitalii Abramov avait remporté le trophée Jean-Béliveau, remis au meilleur compteur.

Autre aspirant au titre, Tyler Boland de l'Océanic de Rimouski avait été limité à un but dans la dernière partie de la campagne.

Mais en deuxième période, le numéro 11 des Olympiques a alimenté de brillante façon Yakov Trenin, qui d'un tir autant précis que puissant a permis à son compatriote de reprendre la tête du championnat des pointeurs avec 104 points.

Un fait saillant qui fera certainement oublier la défaite de 3 à 2 face à l'Armada de Blainville-Boisbriand dans un duel qui ne voulait rien dire au classement tant pour les deux équipes.

Passer de Recrue de l'année en 2015-2016 au roi des points 365 jours plus tard, peu peuvent se vanter de cet exploit.

«Il mérite chaque centimètre de ce titre. C'est un leader tant sur la glace qu'à l'extérieur et dans les entraînements aussi. Il travaille fort à chacune de ses présences», lance Éric Landry fier que son poulain soit arrivé à mettre le grappin sur ce trophée.

Si les spectateurs sont émerveillés par les habiletés offensives et les mains magiques d'Abramov, ils ne l'ont pas vu dans les pratiques.

Il fait toujours partie des derniers à quitter la glace, si ce n'est pas le tout dernier. Il étire les séances avec quelques feintes à essayer, du maniement de rondelle et des tirs à n'en plus finir.

Et quand il n'est pas sur la glace, Vitalii Abramov sort son bâton et s'exerce avec des balles afin de peaufiner encore son jeu individuel.

«Tous les ans, tu entends qu'un tel est le dernier à débarquer sur la glace, mais ce sont toujours eux autres qui finissent par être au-dessus des autres. Ces joueurs-là mangent du hockey et veulent s'améliorer.»

«Il y en a qui pensent parce qu'ils jouent junior qu'ils ont atteint certains sommets. Vitalii n'en fait pas partie. Lui, il continue à travailler pour s'améliorer», ajoute le pilote gatinois sur son protégé.

Il mérite chaque centimètre de ce titre. C'est un leader tant sur la glace qu'à l'extérieur et dans les entraînements aussi. Il travaille fort à chacune de ses présences. Éric Landry, entraîneur des Olympiques

Le principal intéressé, lui, avait une deuxième raison d'être content: on n'arrêtera de lui en parler de cette lutte au sommet des compteurs.

Dans les dernières semaines, plusieurs avaient fait mention des plateaux de 50 buts et de 100 points qui étaient à sa portée. Lui, il ne comprenait pas l'engouement autour de ces chiffres.

Reste que celui qui est aussi surnommé la comète russe fait partie d'une poignée de joueurs à avoir réalisé cet exploit.

Dans l'histoire des Olympiques, seuls Pavel Rosa (1996-1997) et Philip-Michael Devos (acquis à la date limite des transactions en 2011) ont fini au sommet des compteurs avec 152 et 114 points, respectivement.

Outre Rosa, on ne retrouve qu'Alexander Radulov chez les Européens à avoir décroché ce titre individuel.

Dans chaque cas, Abramov est devenu le troisième à rejoindre ces groupes élites.

Un revers en fermeture de rideau

La saison régulière 2016-2017 ne s'est pas conclue avec deux points, mais il ne faut pas penser que les Olympiques ont joué à 100% du début à la fin.

S'ils n'ont jamais baissé les bras, les Gatinois ont mis du temps à mettre la machine en marche.

«Tu ne sais jamais sur quel pied danser. Ils voulaient se donner, mais pas au maximum. Le match ne voulait rien dire, les séries arrivent, tu ne veux pas te blesser. On a été un peu lent à la réaction», fait savoir Éric Landry, qui a cependant aimé l'attitude de ses joueurs sur la glace.

La fin du deuxième engagement a été endiablée. Alors que c'était 1 à 1, la flotte laurentienne, qui avait fait reposer de bons éléments comme Pierre-Luc Dubois, Alexandre Alain et T.J. Melanson, a explosé avec deux buts en moins de deux minutes par l'entremise de Thomas Éthier et Alex Barré-Boulet.

Avec 19 secondes à écouler avant l'entracte, Daniel Del Paggio a réduit l'écart à un but.

Les Olympiques ont par la suite levé la pédale sur le plancher en troisième période, Landry se permettant même de clouer au banc ses bons joueurs afin d'éviter une blessure.

C'était aussi l'occasion de souligner le dernier match de la saison régulière des doyens comme Marc-Olivier Crevier-Morin, Zack MacEwen et Del Paggio. On a aussi remis des prix à Abramov et Will Thompson (respectivement Joueur offensif et défensif en deuxième moitié de saison) ainsi qu'Alexandre Landreville (Joueur étudiant de l'année).