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Le Hull-Volant, nouvelle victime des Cubains


Publié le 16 juillet 2017

LBJÉQ. Pour battre la puissante machine cubaine, il fallait être parfait, avait prévenu d'entrée de jeu Michel Landriault.

Dans un duel historique au parc Sanscartier, théâtre d'un match opposant le Hull-Volant junior élite de Gatineau à l'équipe cubaine junior, les spectateurs n'ont pas regretté le déplacement dimanche soir.

Je n'ai jamais vu un receveur parler de même de ma vie. Je n'ai pas compris ce qu'il disait, mais il corrigeait toujours son lanceur et semblait garder les gars dans le match, les avertissant de ce qui s'en venait.

Cédrik Pellerin, voltigeur du HV

Le stade était plein. Des sections avaient été intégrées sur les côtés du terrain de même que derrière le champ extérieur pour voir à l'œuvre l'élite cubaine. Le bruit n'a pas dérangé la visite qui s'est imposée du début à la fin.

La réputation des joueurs de la Havane les précédait. En tournée depuis le début du mois au Québec, les Cubains ont ajouté une neuvième victoire à leur onzième sortie, l'emportant 5 à 2 sur les Gatinois, leur plus récente victime.

Reste qu'on n'était pas abattus chez les favoris de la foule. Croiser le fer contre la relève d'une des meilleures nations de balle est une occasion d'une vie. Surtout quand celle-ci alignait trois joueurs qui ont porté les couleurs de leur pays lors de la dernière Classique mondiale de baseball.

«C'était toute une ambiance. Je ne vais jamais oublier ça. La foule me rappelait un peu les séries de l'an dernier, mais là, c'était encore plus gros. Jamais, on n'avait joué devant autant de monde», a souligné Cédrik Pellerin, meilleur joueur du camp du HV.

Deux jours après avoir célébré son 20e anniversaire, le voltigeur gatinois s'est offert une prestation digne de mention au bâton. Auteur de trois coups sûrs et d'un point en quatre présences au marbre, Pellerin a été le premier à inscrire un point pour les locaux.

Le principal intéressé a préféré parler de la qualité de l'opposant plutôt que de sa performance personnelle après la rencontre.

«Ils ne jouent pas le même style de balle. Ils sont agressifs. Quand on est sur les buts, ils sifflent et tentent d'attirer notre attention pour nous déconcentrer. Je n'avais jamais vu ça. Tous leurs frappeurs sont dangereux. Ils sont allumés et vont chercher toutes les balles qu'on leur donne. Ils ont aussi un style vocal.»

«Je n'ai jamais vu un receveur parler de même de ma vie. Je n'ai pas compris ce qu'il disait, mais il corrigeait toujours son lanceur et semblait garder les gars dans le match, les avertissant de ce qui s'en venait», a ajouté Pellerin.

Les Cubains n'étaient pas de passage en touriste pour visiter le Parlement. Ils ont refusé de donner le moindre pouce au HV, minimisant les erreurs.

Ils ont eu le dessus sur les coups sûrs (10-7) et ont profité des largesses de la troupe dirigée par Michel Landriault, qui a fait quatre erreurs.

«Il aurait fallu frapper plus et commettre moins d'erreurs défensivement. On aurait eu plus de chances, mais ils ont été sharp de A à Z, tant au bâton qu'en défensive.»

Malgré une bonne performance sur la butte, le lanceur partant Zakary Gignac a été débité du revers. Bryan Chi a pour sa part signé un troisième gain en deux semaines.

Les frappeurs de l'équipe cubaine ont fait résonner leurs bâtons à dix reprises. Sauf un, tous les joueurs partants se sont rendus sur les coussins.

Le gérant du HV a justement vanté les joueurs de Cuba.

«Il faut apprendre de leur contrôle et de leur discipline au bâton. Ils pouvaient frapper la balle n'importe où. Ils la mettaient en jeu et n'étaient pas là pour attendre des buts sur balles. C'était impressionnant à voir.»

Deux manches à l'eau

Les prévisions météorologiques ont inquiété l'organisation: on avait peur de devoir annuler le match en raison de la pluie. Dame Nature aura finalement été clémente, attendant peu avant 22h pour faire son apparition.

Le match devait spécialement se jouer jusqu'en neuvième manche, mais seulement les sept premières étaient comptabilisées au classement de la LBJÉQ. Et c'est justement à ce moment que la pluie s'est mêlée de la partie.

Alors que deux autres manches devaient être disputées, la pluie diluvienne a gâché la partie. On a d'abord décidé de suspendre la partie avant de l'arrêter complètement moins de dix minutes plus tard.