Fusillade de Moncton : personne n'aurait pris les commandes


Publié le 17 mai 2017

Le Victoriavillois Dave Ross, l'une des victimes de la fusillade

©(Photo - GRC)

Les policiers qui sont intervenus lors de la fusillade de Moncton en 2014 ont été laissés à eux-mêmes au milieu du chaos, a soutenu mercredi l'ex-commissaire adjoint de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) qui avait présidé la commission d'enquête indépendante sur la tragédie.

Témoignant au procès de la GRC pour violations au Code du travail, Alphonse MacNeil a indiqué mercredi que bien peu de superviseurs étaient formés pour prendre la direction d'une telle opération ce soir-là — et personne, effectivement, n'a assuré le commandement de façon coordonnée.

Trois policiers ont été tués et deux autres blessés, le 4 juin 2014, par les tirs de Justin Bourque, qui voulait fomenter une rébellion. La Couronne soutient aujourd'hui que la GRC a enfreint le Code du travail parce qu'elle aurait dû former et équiper adéquatement ses agents pour répondre à de tels événements.

Reprenant des éléments de son rapport d'enquête, M. MacNeil a rappelé mercredi les graves lacunes dans les communications ce soir-là. Ainsi, personne n'a signalé sur les ondes radio que l'agent Fabrice Gevaudan avait été abattu. Les intervenants ne pouvaient donc saisir toute la gravité de la situation, a indiqué l'ancien policier, dernier témoin appelé par la Couronne à ce procès.

Ces lacunes dans la coordination se sont poursuivies bien après la fusillade qui a duré 20 minutes : des policiers arrivés en renfort au début de la nuit ne savaient même pas où se rendre, a rappelé M. MacNeil.

Comme d'autres témoins avant lui, il a lui aussi soutenu que les premiers agents de la GRC arrivés sur les lieux, armés de leur seul pistolet de service, étaient nettement désavantagés face à Justin Bourque, qui possédait un arsenal plus puissant — un fusil semi-automatique et un autre fusil. Par ailleurs, M. MacNeil a lui aussi noté qu'aucun des premiers répondants n'avait enfilé son gilet pare-balles.

«Personne n'a lancé sur les ondes radio: "Il s'agit d'une fusillade, enfilez votre gilet pare-balles!".»

Dans son rapport, déposé au début de 2015, M. MacNeil avait conclu que l'issue de la fusillade aurait pu être différente si les policiers avaient eu accès à des carabines, de portée et de précision plus grandes. En juin 2014, les agents du détachement de Moncton n'étaient pas équipés de ces armes: la GRC avait approuvé l'achat de carabines C8 en septembre 2011, mais tout le processus d'approvisionnement a ensuite mis du temps.