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«Peu importe la sentence qu’il aurait pu avoir, ça ne me redonnera pas ma vie d’enfant»


Publié le 6 septembre 2017

Maintenant que son agresseur est derrière les barreaux, la victime d’Yves Blais tentera désormais de tourner la page.

Reconnu coupable en janvier dernier, le résident du Lac-Simon, a reçu sa sentence il y a quelques jours au Palais de justice de Gatineau.

Ce dont je suis le plus contente, c’est qu’il ne pourra pas être en contact avec les autres enfants

La victime d’Yves Blais

«Peu importe la sentence qu’il aurait pu avoir, ça ne me redonnera pas ma vie d’enfant», raconte la victime, dont on taira l’identité.

Cette dernière a accepté de se confier sur le cauchemar qu’elle a vécu au tournant des années 1970 et 1980. «Ce dont je suis le plus contente, c’est qu’il ne pourra pas être en contact avec les autres enfants, confie la victime, qui a accepté de témoigner. Ça me rassure beaucoup.»

C’est que l’homme ne pourra pas se retrouver dans un rayon de 2 kilomètres du domicile de la victime, en plus de ne pas se retrouver dans une zone publique où peuvent se trouver des personnes de moins de seize ans et d’avoir un interdit de contact avec des personnes âgées de moins de seize ans sauf sous supervision. Il sera inscrit au registre des délinquants sexuels à perpétuité.

Mais il aura fallu quelques années pour qu’une pression de moins pèse sur les épaules de la victime dans cette histoire. Les gestes posés par Yves Blais à la fin des années 1970 et au début des années 1980 ont été dénoncés en 2009. Le processus judiciaire des huit dernières années a été éprouvant, confie-t-elle. «Ça a été très très difficile, je suis une personne très visuelle et de revivre cela…» 

Avec le soutien de sa famille, elle espère maintenant avoir la force de passer à autre chose. «Je le fais pour mes enfants et ma famille.»

C’est d’ailleurs son mari qui l’a aidé à porter plainte. Après lui en avoir parlé quelques années plus tôt à l’aube de leur mariage, ce dernier a décidé de dénoncer l’homme. «À cette époque-là et jusqu’à l’an passé, je pensais que c’était de ma faute. (…) Je suis contente maintenant, je pense que je n’aurais pas eu le courage de le faire toute seule.»

Cette dernière raconte que l’accusé menaçait de poser des gestes similaires sur son frère et sa cousine si elle en parlait. «Il me disait aussi que mes parents n’allaient pas me croire.»

Il y a à peine un an, cette dernière avait de la difficulté à voir plus d’un jour à la fois. Aujourd’hui, elle espère pouvoir continuer sa vie. «J’essaie juste de tourner la page, confie-t-elle. Une chance que ma famille était là, mon mari, mes enfants. À plusieurs reprises, j’ai voulu lâcher, mais ma famille me disait de ne pas lâcher»

Maintenant que c’est terminé, elle est contente d’être allée jusqu’au bout. «Il va rester à moi d‘essayer de mettre les outils en place pour être capable de tourner la page et continuer ma vie. Mais j’ai vraiment espoir d’être capable de la tourner.» 

Rappelons que la victime a été agressée de l’âge de 5 à 13 ans. L’homme a demandé à plusieurs reprises à la jeune victime de poser des gestes de nature sexuelle. «Je me trouve encore dégueulasse d’avoir fait cela, mais je comprends que j’étais juste un enfant. Mais c’est difficile pareil à accepter.»