Les victimes de Ramsurrun tuées à coups de couteaux de cuisine


Publié le 16 mai 2017

C’est à l’aide d’au moins deux couteaux de cuisine que Shakti Ramsurrun a assassiné son ex-conjointe, Anne-Katherine Powers, et les parents de celle-ci, Louise Leboeuf et Claude Lévesque, le 23 mai 2012. 

Lors de son contre-interrogatoire, lundi, l’accusé de 33 ans a identifié deux couteaux parmi une série, qu’il a utilisés pour décimer la famille chez qui il résidait depuis son arrivée de l’Île Maurice.

«J’ai raconté, j’ai raconté et j’ai oublié. Mais, oui, j’ai mis un couteau dans le lavabo.  Mais je ne peux pas dire à quel moment. C’était un grand couteau, mais je n’ai pas pris le temps de regarder le desing», a d’abord répondu Ramsurrun à une question du procureur Me Sylvain Petitclerc.

Puis, il a identifié les deux outils de cuisine en question à travers une série de photos.

À la suite du carnage, celui qui était à l’époque âgé de 28 ans a nettoyé de fond en comble la résidence sise au 64, Félix-Leclerc, faisant disparaître pratiquement toutes les traces de sang visibles à l’œil nu. Cinq ans plus tard, il dit toutefois ignorer la raison exacte.

«Je voulais partir de la maison et je voulais que ce soit propre. Je ne peux pas répondre pourquoi, mais j’ai fini par tout nettoyer», a-t-il lâché lundi.

Pour ce qui est de nombreux messages rédigés en anglais sur des tableaux blancs éparpillés dans une pièce située à l’étage supérieur, entre autres, «Je ne suis pas le tueur», Ramssurun a admis qu’il souhaitait ainsi tromper les policiers afin de pouvoir continuer à s’occuper de son jeune fils.

«J’accepte ma faute, j’ai pris de mauvaises décisions, a-t-il rétorqué au procureur du DPCP. La seule chose à laquelle je pensais, c’était l’intérêt de l’enfant. Je voulais qu’il soit en sécurité.»

Au lendemain du drame, le Mauricien d’origine s’est pointé sur son lieu de travail, au Club de golf Rivermead, en revenant de Montpellier (jusqu’où il avait roulé au volant du véhicule de Claude Leboeuf sans trop savoir où aller), dans le but de remettre son bambin de 14 mois à Nicole, une collègue.

«Je voulais être sûr qu’il soit en sécurité. Je suis son père», a raconté le prévenu lundi, réitérant qu’il ignorait l’existence de la Direction de la protection de la jeunesse.

Confiant à la dame une histoire abracadabrante d’hommes masqués qui s’étaient introduits chez lui la veille avec l’idée de voler son enfant qui valait beaucoup d’argent, Ramsurrun, blessé à une main, a été arrêté dans les minutes qui ont suivi.

Selon le ministère public, l’ex-serveur sur un bateau de croisière avait prémédité les trois morts sordides, en colère de devoir bientôt quitter la maison du secteur d’Aylmer à la suite de la fin de sa relation amoureuse avec Anne-Katherine, 20 ans.

De son côté, Me Richard Dubé affirme que son client est plutôt responsable d’homicides involontaires.