Louer un «livre» vivant


Publié le 16 mars 2017

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SANTÉ MENTALE. Le 25 mars prochain, il sera possible de «louer» une personne à la bibliothèque Lucy-Faris pour en connaître davantage sur son «chapitre» de vie dans le cadre de l’activité À livres ouverts

L’activité À livres ouverts s’inscrit dans une première québécoise d’alliance entre 17 communautés (de 14 villes et 10 régions) pour lutter contre la stigmatisation en santé mentale. Les événements sont organisés par l'Association québécoise pour la réadaptation psychosociale (AQRP) et l'Association des bibliothèques publiques du Québec (ABPQ). 

Le concept est original : les "bibliothèques vivantes" permettent d’emprunter des livres vivants (des personnes) et d’échanger sur un chapitre de leur vie pendant 15 minutes par personne. Ces rencontres humaines sont documentées pour être les meilleures stratégies de lutte contre la stigmatisation. À Gatineau, la bibliothèque Lucy-Faris s’est associée à la Maison Réalité et sept de ses membres souffrant de problèmes de santé mentale. 

«Ils sont victimes des préjugés et les opinions des gens sont influencées par ce qu’on entend un peu partout, explique Catherine Ladouceur, coordonnatrice de programme à la Maison Réalité, à propos de sa clientèle. Ils vivent les impacts des préjugés, ils s’autostigmatisent. Le fait de pouvoir dire haut et fort qu’ils ont un trouble de santé mentale et qu’ils sont rétablis, c’est une fierté. Ça leur permet de normaliser ce qu’ils ont vécu.»

Les «livres» participants ont chacun un trouble de santé mentale différent : anxiété, schizophrénie, bipolarité, etc. Le public est invité à choisir le livre qui l’intéresse en consultant les «catalogues» créés pour l’occasion. 

«Nos participants sont des gens qui ont un trouble de santé mentale, mais qui ont un beau chemin de vie et qui apporte un beau message d’espoir. C’est une stratégie contact : on permet à des gens d’avoir une vision différente des gens qui ont des troubles de santé mentale et pour ceux qui racontent leur histoire, c’est une expérience très positive.»

Selon l’Organisation mondiale de la santé (2001), la stigmatisation est un phénomène qui empêche 2/3 des personnes souffrant de problèmes de santé mentale à chercher de l'aide, mais surtout qui est plus incapacitant et ferait davantage souffrir que les problèmes de santé mentale eux-mêmes. 

Pour plus de renseignements, visitez le www.gatineau.ca/bibliotheque 

La Maison Réalité offre des services de soutien et de réadaptation psychosociale à des adultes ayant des problèmes de santé mentale.