Nicolas Allard : autiste et prêt à travailler


Publié le 31 mars 2017

©Photo TC Media - Louis-Charles Poulin

AUTISME. Atteint du trouble du spectre de l’autisme, Nicolas Allard fréquente la Boutique les 121 Trésors, deux jours par semaine, dans le but de se familiariser avec les réalités du marché du travail. 

Étant âgé de 21 ans, il rêve de pouvoir intégrer le marché du travail. «J’aimerais vraiment avoir un emploi à temps partiel quelque part. Par exemple dans un magasin de construction comme Rona, Réno-Dépôt, Home Depot ou peut-être Canadian Tire», explique celui qui étudie également à l’École secondaire du Versant. Il se dit apte à occuper un emploi, puisqu’il a vécu plusieurs expériences de travail dans des milieux adaptés.

Je suis un petit peu différent des autres, car je suis une personne autiste. J’ai de la difficulté à comprendre divers contextes sociaux et à interpréter certaines choses. Je suis quand même bon en lecture et j’ai beaucoup d’habiletés artistiques.

Nicolas Allard

À la Boutique, il participe à divers ateliers chaque semaine. «Je m’occupe de la caisse et je fais du service à la clientèle. Je fais aussi l’étiquetage des vêtements», mentionne-t-il. Il fait aussi le tri et le lavage de vêtements, de la cuisine et des arts plastiques au 121, chemin Lépine. Selon Nicolas, le fait de côtoyer des collègues et des clients est très bénéfique pour lui. «Avant j’étais plus isolé, puisque la Boutique des 121 Trésors n’existait pas. J’avais quand même des loisirs à l’extérieur», dit-il en faisant référence à des activités offertes par Traits d’Union Outaouais, à ses cours de karaté, de couture, de dessin et de piano qu’il a suivis pendant plusieurs années. 

En plus de l’expérience qu’il accumule présentement à la Place 121, Nicolas Allard détient un certificat de Formation à un métier semi-spécialisé (FMS) et a déjà fait un stage dans une entreprise adaptée. «J’étais préparateur de commandes postales en tant que stagiaire», précise celui qui est allé porter des CV un peu partout dans la région depuis trois ans. Malheureusement pour lui, aucun employeur ne s’est montré prêt à l’embaucher. «Je suis motivé, j’ai beaucoup de culture et j’ai beaucoup d’intérêts. J’ai vécu plusieurs expériences de travail dans des milieux adaptés et je suis maintenant prêt à travailler. Je suis capable de bien faire les choses comme tout le monde», affirme-t-il. 

Sa mère, Fabienne Leblanc, déplore le fait que son fils ait de la difficulté à se trouver un emploi en raison de sa différence. «De nos jours, je pense que les gens savent c’est quoi l’autisme puisqu’on en parle un peu plus. Il y a beaucoup moins de jugement, mais je ne suis pas prête à dire que les milieux de travail sont prêts à les accepter et les superviser. Ça demeure très difficile pour une personne autiste de se placer et de se trouver un emploi», mentionne-t-elle en précisant que son fils est très autonome. «Il gère ses choses et il fonctionne par lui-même», assure-t-elle.

Elle serait même prête à le laisser partir seul en apparentement bientôt. Une idée qui plait à Nicolas qui envisage de partir de chez ses parents lorsqu’il en aura les moyens. «Je veux être un peu plus indépendant et avoir mon intimité» dit-il en ajoutant qu’il ne se sent pas encore prêt à avoir une copine pour l’instant. «Pour le moment, je suis célibataire et je suis bien comme ça. Il faut que je continue à faire du social et peut-être qu’un moment donné je vais me sentir prêt à avoir une blonde, mais c’est possible que ça n’arrive jamais et c’est correct.»

En ce mois de l’autisme, sa mère incite les autres familles vivant avec une personne autiste à ne pas avoir peur d’aller chercher les ressources disponibles dans la région. «Je ne suis sa mère et je ne suis pas une intervenante. Je me suis dit que mon fils avait besoin de spécialistes et je suis allée en chercher. Nicolas est bien entouré aujourd’hui.»