Un apport invisible?

Étudiants salariés

Émilie Pelletier Grenier emilie.pelletiergrenier@tc.tc
Publié le 1 avril 2016

De gauche à droite : Laurent Paradis-Charrette, Sophie Potvin (vice-présidente du SEESUQO), Valérie La France-Moreau et Shawn Goodman (président du SEESUQO), tous membres du comité de nogociations du SEESUQO.

TC Media - Émilie Pelletier Grenier

DÉNONCIATION. L'Université du Québec en Outaouais est un endroit qui bouillonne de connaissances et en cette Semaine de la recherche, cela a été souligné à maintes reprises. Si de grands – et moins grands projets – ont été mis de l'avant, certains étudiants y ayant contribué ont peut-être eux été laissés de côté.

C'est du moins l'avis du Syndicat des étudiantes et étudiants salarié-e-s de l'UQO (SEESUQO) et de ceux qu'ils représentent.

Le SEESUQO a profité de l'effervescence crée par la Semaine de la recherche pour dénoncer ce qu'il estime être du «mépris» de la part de l'administration de l'institution.

Ces membres qu'il représente sont des étudiants qui effectuent nommément le travail de «collecte de données, participer à la rédaction d'un article scientifique, organiser le déroulement de la recherche, contrevérifier des données accumulées par un professeur, [faire des] revues de littérature [et autres]», souligne Shawn Goodman, président du SEESUQO.

Autant de tâches qu'il estime qu'elles contribuent à «la construction de la recherche et à l'avancement du savoir». «Oui il y a de la recherche, reconnaît-il, mais ça n'est pas fait seulement par des professeurs.»

«On ne sent pas qu'il y a une reconnaissance», affirme celui qui est aussi membre du comité de négociations du SEESUQO. Effectivement, aucune activité particulière n'était prévue pour reconnaître le travail de ces assistants de recherche, d'enseignement et autres.

Pour le représentant, à cela s'ajoutent des négociations pour se faire reconnaître un salaire équivalent à ce qu'on voit en moyenne dans le reste du réseau universitaire québécois. Une différence de l'ordre de 2$ de l'heure de moins allègue M. Goodman. Sans compter que la paie mettrait le plus souvent du temps environ six semaines à entrer.

«On a plus l'impression d'être des travailleurs de seconde classe, a-t-il soufflé. De la main-d'œuvre bon marché.»

Il y a également le fait qu'il est plutôt difficile d'obtenir des locaux en guise de bureau. «Il n'y a aucun espace qui leur [étudiants salariés] est fourni [d'emblée]», note le président. «L'université ne s'engage pas officiellement à leur offrir ce matériel de travail-là», dénonce ce dernier, expliquant que les stylos, imprimante et papier, etc. ne sont pas du matériel offert non plus.

De son côté, celui qui est doyen de la recherche à l'UQO est plutôt d'avis que ces étudiants salariés reçoivent «un salaire en conséquence du service [rendu]». «C'est un emploi comme un autre», a-t-il lancé.

André Manseau salue le fait que les étudiants puissent se faire offrir du travail au sein de leur établissement scolaire. Un exercice qu'il estime qu'il «[donne] un coup de main» aux professeurs, entre autres.

«L'emploi lui-même, c'est peut-être pas un emploi très valorisant», a avancé celui qui pense cependant que «l'étudiant n'est pas obligé d'accepter l'emploi».

Le SEESUQO doit s'asseoir lundi prochain à la table de négociations et a obtenu un mandat de grève de la part de ses membres, lequel doit être mis en application «incessamment».