Le CSSSG champion des soins pour le deuil périnatal

Sophie Marcotte sophie.marcotte@tc.tc
Publié le 29 septembre 2014
Remise du certificat
Photo TC Media - Sophie Marcotte

SANTÉ. L’Association québécoise d’établissements de santé et de services sociaux (AQESSS) a remis un certificat d’opération Bon coups au Centre de santé et de services sociaux de Gatineau (CSSSG) pour avoir amélioré les soins en deuil périnatal de manière humaine et innovatrice.

Lorsque les futurs parents entrent à l’hôpital, c’est pour y donner la vie. Le sourire aux lèvres, ils viennent accueillir leur bébé. Toutefois, pour quelques parents, le plus grand des bonheurs vire au cauchemar. «Avant, on disait qu’il fallait passer par-dessus ça rapidement, on tournait la page et c’était tout», indique Amélie Tétreault, infirmière en périnatalité depuis une dizaine d’années.

Mais la réalité sur le terrain est tout autre. Brigitte Bédard, également infirmière en périnatalité, et Mme Tétreault ont constaté un fort besoin de support chez les parents. Elles ont donc mis sur pied un programme unique en son genre pour épauler ces mères et ces pères sur qui la souffrance pèse. Elles remettent notamment une pochette contenant de l’information sur le deuil. Elles offrent aussi une trousse où ils peuvent loger les souvenirs de leur enfant. Un photographe professionnel pouvant prendre des photos du bébé et de la famille est même à leur disposition. Des rencontres entre les familles dévastées sont aussi organisées pour faciliter les étapes du deuil.

Brigitte Bédard et Amélie Tétreault s’assurent également de rendre disponible de la formation auprès des infirmières qui risquent d’être confrontées à cette délicate situation.

L’ensemble de ces démarches a valu de nombreuses reconnaissances aux deux femmes. Cette manière humaine d’aborder un sujet presque tabou a inspiré les CSSS à travers la province. Maintenant, c’est au tour de l’AQESSS de souligner l’importance du projet. Celui-ci est simple, transférable, innovateur et permet une amélioration certaine des soins de ces parents. C’est pourquoi le certificat leur a été remis.

Au courant des prochaines années, les deux infirmières souhaitent apporter des améliorations au programme. Notamment, elles aimeraient mettre une trousse de livres sur le deuil à la disposition des parents. En rentrant à la maison, ces derniers demeureront probablement isolés durant une période de temps, estiment-elles. C’est pourquoi les livres devraient être disponibles directement à l’hôpital. Cette manière de faire permettrait aussi de prévenir les maladies mentales comme la dépression. Les parents qui vivent un deuil prénatal sont effectivement plus à risque.