Des occupants arrêtés, le campement démantelé

Antony Da Silva-Casimiro antony.dasilvacasimiro@tc.tc
Publié le 18 septembre 2014
Roger Fleury arrêté

LITIGE. Un nouveau chapitre s'est écrit jeudi dans ce qui semble être la fin de la saga de l’occupation autochtone sur la rue Jacques-Cartier.

Après que la Ville de Gatineau et un groupe d’occupants se soient échangés des mises en demeure mardi et mercredi, un juge de la Cour supérieure a tranché le débat, donnant raison à la municipalité qui avait envoyé au préalable une requête d'injonction interlocutoire provisoire de 10 jours.

Les manifestants disposaient alors de deux heures après avoir reçu en mains propres l'injonction pour quitter le campement de fortune érigé il y a plus d’un mois. Ils ont répondu assez rapidement, en jetant l'ordonnance de la Cour dans les flammes du feu sacré.

Les forces de l'ordre se sont alors pointées sur place. Avec près de 30 auto-patrouilles et le double d’agents prêts à intervenir, la police de Gatineau a procédé à six arrestations. Roger Fleury, chef des Algonquins hors-réserve Fort-Coulonge, a été le premier à prendre place dans le fourgon de police. Le tout s'est déroulé pacifiquement et sans aucune confrontation.

Après la mise en garde des policiers, près d'une quinzaine de protestataires ont toutefois quitté les lieux, évitant ainsi d’être arrêtés. Le camp a par la suite été démantelé, puis des clôtures de fer ont été installées tout autour du site.

Le maire Maxime Pedneaud-Jobin s'est dit satisfait de l'intervention policière, précisant que les deux clans avaient longuement dialogué et que le temps d’agir était venu.

Roger Fleury a quant à lui fait entendre son mécontentement à la suite de la décision rendue par le juge. Il prétend n’avoir pas eu suffisamment de temps pour étudier le dossier alors que la Ville possédait une équipe d'avocats. «Je suis prêt à aller en prison. J'espère que ça va réveiller les autres tribus autochtones», a-t-il indiqué en lançant au passage un juron à l'endroit du chef des Algonquins de Kitigan Zibi, Gilbert Whiteduck, qui s'en est suivi d'un doigt d'honneur.

Quelques discussions musclées entre des citoyens et les membres des Premières Nations ont également retenu l'attention.

Certains protestataires ont déclaré que ce n'était pas la fin de la saga, mais bien le début et comptaient d'ailleurs revenir sur le site. Si on lit cependant l'ordonnance de la Cour supérieure, il est indiqué noir sur blanc que les manifestants doivent libérer le territoire et ne peuvent s'approcher à plus de 30 mètres des lieux.

L'injonction interlocutoire étant provisoire, la Ville de Gatineau et le groupe d'autochtones retourneront devant les tribunaux dans dix jours.