Le trio féminin du Club de Taekwon-Do de Gatineau fera partie de la soixantaine d'athlètes membres de la délégation canadienne lors de cette ultime compétition en raison de ses excellentes performances au Championnat canadien l'automne dernier à Vancouver. Ce type de taekwondo n'étant pas au programme des Jeux olympiques, cet événement est le summum des compétitions pour de tels athlètes.
Pour Isabelle Bond, âgée de 26 ans, ce sera l'occasion de reprendre son titre de championne mondiale, qui lui a échappé des mains au profit d'une rivale belge en 2009 à la suite d'une décision contestée d'un arbitre. L'athlète de catégorie senior 4e à 6e degré n'a pas l'intention de rater sa mission de reconquérir ces grands honneurs.
«Je m'en vais là-bas pour un doublé d'or, même s'il y aura beaucoup de nouveaux visages parmi mes adversaires en compétition individuelle. Une Finlandaise et une Polonaise se sont ajoutées à la liste», lance l'étudiante à la maîtrise en physiothérapie à l'Université d'Ottawa, qui avait décroché le titre de championne du monde à Québec il y a bientôt près de quatre ans.
Ne reculant devant rien, elle vise aussi la plus haute marche du podium en forme par équipe, elle et ses coéquipières canadiennes ayant dû se contenter depuis 2005 de deux médailles d'argent et d'une médaille de bronze. «2011 sera notre année. Nous sommes l'équipe la plus forte que nous ayons connu depuis longtemps, à mon avis. Nous avons eu d'excellents commentaires des juges présents à Vancouver. Nous avons effectivement élevé d'un cran la difficulté des décalages pour qu'il n'y ait plus d'ambiguïté», affirme l'athlète entraînée par son conjoint Philippe Parent.
Cassandra Demers en sera quant à elle à sa deuxième participation à ce rendez-vous bisannuel, cette fois dans la catégorie senior 1er degré. L'athlète qui a récemment fêté ses 20 ans est positive et souhaite d'abord et avant tout faire mieux que la dernière fois, alors qu'elle avait été écartée du tatami avant même d'avoir été classée.
«Je m'en vais là-bas pour un doublé d'or, même s'il y aura beaucoup de nouveaux visages parmi mes adversaires en compétition individuelle. Une Finlandaise et une Polonaise se sont ajoutées à la liste» - Isabelle Bond
«Je ne pourrais pas dire si je vise une place sur le podium, mais chose certaine, je ne veux pas être humiliée», indique-t-elle, déçue que ce sport d'origine coréenne ne bénéficie pas d'une plus grande place dans la sphère médiatique. «C'est frustrant parfois, surtout quand j'aperçois des scènes de poker à RDS», dit-elle. Au chapitre académique, la jeune Gatinoise en est à ses débuts en psychologie à l'UQO.
De son côté, Angel Artelle, 17 ans, en sera à sa toute première apparition au Championnat du monde. Consciente que la compétition sera féroce, la taekwondoïste se considère déjà très choyée d'avoir été sélectionnée chez les juniors. «Je n'ai pas d'objectif en particulier. J'aimerais simplement être en mesure de passer la première ronde», de dire l'adolescente élève de l'école secondaire du Versant.
La virée en Nouvelle-Zélande ne sera pas de tout repos puisqu'elle nécessitera 29 heures de voyage (escales comprises), sans compter les 17 heures de décalage horaire.
Qui plus est, si l'on inclut le billet d'avion aller-retour, l'hébergement et la nourriture, les athlètes doivent débourser des frais de plus de 4000$ chacune pour cette compétition. Des campagnes de financement sont donc de mise pour elles. «Ce qui est difficile, c'est de donner de la visibilité à nos commandites, car ça se déroule à l'autre bout du monde», de dire Isabelle Bond.
Question de bien se préparer en vue de cette rare visite dans le second plus populeux pays de l'Océanie, les trois Gatinoises participeront à deux séances nationales d'entraînement prévues à Regina et Québec au cours du mois de janvier.
