Gatineau est déjà au deuxième rang des agglomérations urbaines les plus cosmopolites au Québec, après Montréal.
Un contexte que ne peut et ne veut ignorer le ministère. C'est pourquoi un montant de 117 000$ a été versé à Gatineau dans le cadre de l'Entente 2011-2012 en matière d'intégration des personnes immigrantes et de rapprochement interculturel, la quatrième conclue entre les deux parties, un investissement total de 478 774$.
La ministre a salué le travail effectué par la Ville dans ce domaine, notamment avec l'adoption en 2008 de sa Politique en matière de diversité culturelle, récompensée d'ailleurs par son ministère du Prix Maurice-Pollack. La Ville a ainsi obtenu un projet-pilote, qui sera présenté au congrès 2012 de l'Union des municipalités du Québec: une trousse d'informations visant à soutenir les municipalités dans l'accueil, l'accompagnement et la rétention des immigrants.
La ministre parle davantage des besoins en immigration.
Mme Weil a aussi rendu hommage aux immigrants. «Je tiens à souligner l'histoire de ce capital humain, ces gens qui se déracinent, quittent leur pays natal, vont chercher des opportunités et une meilleure vie ailleurs, et viennent enrichir le tissu social et économique du Québec.»
La députée de Hull, Maryse Gaudreault, est heureuse du chemin parcouru par Gatineau depuis 1954, lors de l'arrivée massive des Portugais. «Ils se sont établis ici et ont contribué à notre essor économique. Aujourd'hui, l'immigration se transforme: nous avons une communauté importante de Libanais, des Français et même de Bosnie-Herzégovine et de Roumanie!», a-t-elle énuméré. En fait, lors du dernier recensement en 2006, 9% (20 780) de la population gatinoise provenait de l'extérieur du pays.
Le maire Marc Bureau a avoué que l'immigration le touchait particulièrement, car des immigrants se trouvent dans sa famille élargie et sa femme travaille dans ce domaine. Il a donc accueilli ce renouvellement avec enthousiasme. «Nous allons pouvoir mettre en œuvre notre plan d'action inclus dans notre politique. Nous allons miser sur l'accueil et l'intégration des immigrants, en plus de les aider à atteindre l'autonomie financière, de lutter contre le racisme et de développer le sentiment d'appartenance.»
Un Gatinois sur 10 est un immigrant et Gatineau est tout juste derrière Edmonton quant au nombre d'immigrants accueillis. «Et ce n'est qu'un préambule à ce que l'avenir nous réserve, a ajouté M. Bureau. Des 73 000 personnes qui viendront s'établir ici d'ici 20 ans, la moitié proviendra de l'extérieur. Ce qui veut dire que Gatineau sera une métropole aux multiples visages.»
L'Outaouais rural
Quant à la régionalisation de l'immigration, elle va bon train. En mars 2012, 546 000$ auront été investis au total sur quinze ans grâce à l'entente parafée en 1996 entre le ministère et la Conférence régionale des élus de l'Outaouais.
Les résultats observés sont encourageants selon la préfet Paulette Lalande, ancienne employée de l'école secondaire De l'Île du secteur de Hull, institution accueillant les nouveaux arrivants. «Notre but était d'attirer, d'accueillir et surtout de retenir les immigrants, car on est près d'Ottawa et les gens ont tendance à traverser la rivière, a-t-elle mentionné. On doit donc être doublement innovateur pour les garder.»
Elle a donné quelques exemples de succès découlant des efforts de séduction facilitant leur intégration. «Nous avons réussi à engager un technicien en radiologie au Centre hospitalier du Pontiac, à Fort-Coulonge. On a pu rouvrir le département grâce à ça, donc les gens n'ont plus besoin de parcourir de longues distances pour obtenir les soins. Mais ça n'a pas été facile pour lui de faire reconnaître ses compétences… (autre texte à lire sur ce sujet ici) On a aussi trouvé un enseignant à Maniwaki ou un agent de développement à Ripon.»
Mme Lalande a félicité le travail des agents d'accompagnement de la CRÉO, qui ont permis aux immigrants de s'intégrer à part entière dans leur nouveau milieu. «Nous en avons maintenant 146 installés sur notre territoire, comparativement à 78 en 2008!»
