La coordonnatrice du Collectif régional de lutte à l'itinérance en Outaouais (CRIO), Jenny Villeneuve, était ravie du déroulement de la soirée. Contrairement à l'an dernier, Dame Nature était de leur bord, évitant ainsi la pluie et le froid pour les citoyens de la région.
De plus, elle voyait que la population ne demeurait pas indifférente face à ce problème, remarquant que seulement par l'achalandage, il y avait environ près de 800 personnes, le même nombre de personnes que lors de la 8e Nuit.
«On voit que les gens de l'Outaouais veulent faire une différence et aider leur prochain. On voit ce soir des étudiants, des parents, des personnes âgées et des itinérants à cette Nuit des sans-abri. C'est ce qui fait la beauté de l'événement», a souligné la coordonnatrice du CRIO.
Le thème central de cette année est la lutte à la pauvreté à travers tout le Québec, de Rouyn-Noranda en Abitibi-Témiscamingue jusqu'à Mont-Joli en Gaspésie. Les organisateurs de l'événement ont revendiqué cette problématique, puisque ce fléau qui mène à l'itinérance.
«Il y a un écart de plus en plus important des richesses et on a pu le voir avec les événements récents comme Occupy Ottawa. Il faut souligner ce problème, car l'itinérance va toujours en augmentant», a mentionné Jenny Villeneuve.
Pour régler le problème, il doit d'abord avoir une aide au niveau politique selon elle et insérer des solutions plus structurelles: hausse du revenu alloué, des logements décents. Elle ajoute aussi que les organismes communautaires de la région ont besoin de plus de soutien.
«Il y a un écart de plus en plus important des richesses et on a pu le voir avec les événements récents comme Occupy Ottawa. Il faut souligner ce problème, car l’itinérance va toujours en augmentant» - Jenny Villeneuve, coordonnatrice du CRIO
«Dans un pays comme le Canada, il est insensé de retrouver autant d'itinérants», a-t-elle spécifié en cette 9e Nuit des sans-abri.
Jusqu'à 23h, plusieurs artistes se sont partagé la scène avec du chant, des chorégraphies, du slam et de la poésie en grande partie. Le tout animé par D-Track, rappeur et slammeur de la région. L'événement est devenu un peu plus calme où tout le monde s'est réuni autour d'un feu pour discuter de sujets touchant à l'itinérance.
Un service de raccompagnement était offert lors de cette nuit et les citoyens ont offert beaucoup de manteaux et autres vêtements pour l'hiver. Plus d'une centaine de vêtements avec des messages clairs ont posé sur «la corde à linge des préjugés» toute la soirée et les gens ont pu marquer leur passage à l'événement avec des graffitis sur des murs.
Jenny Villeneuve a déjà des idées pour la 10e Nuit, même si celle-ci n'est seulement que dans un an. Elle espère pouvoir faire le pont avec Ottawa, précisant qu'elle ne savait pas encore quelle forme le projet allait prendre.
«On veut franchir la frontière et en réussissant cette étape, il sera plus facile de faire connaître l'événement au reste du Canada», a-t-elle conclu.
