«Il faut amener les entreprises à développer de nouveaux produits liés à la construction, de se diversifier et d'intensifier leur production dans de nouveaux créneaux», a indiqué la présidente de la Conférence régionale des élus de l'Outaouais, Paulette Lalande.
«C'est une ressource renouvelable qui n'a aucun équivalent dans le monde des matériaux de construction. L'utilisation d'un mètre cube de bois évite l'émission de 1,1 tonne de CO2. Le bois dépense moins d'énergie, à partir de son extraction jusqu'à son utilisation», lance Pierre Rondeau, président de la Commission sur les ressources naturelles et le territoire public de l'Outaouais (CRRNTO).
«Pourtant, tout le débat des dernières années entourant l'aménagement et la gestion de nos forêts a suscité beaucoup de perceptions négatives dans la population. Ces perceptions ont entaché la réputation du matériau bois et ont laissé des traces, déplore M. Rondeau. Couper et utiliser le matériau bois équivaut encore pour plusieurs à détruire la forêt. Couper un arbre en présence d'une classe d'enfants est encore tabou.» Il estime que la forêt n'a jamais été plus valorisée et protégée, notamment grâce aux multiples plantations d'arbres un peu partout en province.
Un démarcheur
Le Réseau des entreprises du secteur du bois de l'Outaouais (RESBO) a engagé en 2010 le démarcheur Jean Thiffault – ancien président de Tourisme Outaouais – afin d'inviter les instances municipales et des entreprises publiques et privées à considérer le bois dans leurs projets de construction et de rénovation de bâtiments commerciaux et institutionnels.
«Au cours de la dernière année, M. Thiffault a sillonné l'Outaouais pour rencontrer les firmes d'ingénierie et d'architectes, ainsi que les grands donneurs d'ordres dans le domaine de la construction, afin de promouvoir les avantages qu'offre le bois comme matériau de charpente ou d'apparence et prodiguait des conseils techniques», explique le directeur général du RESBO, Louis-Philippe Hurtubise.
«De plus, il a incité les intervenants régionaux à adopter la Charte du bois (ce que l'UQO a fait). C'est une résolution qui engage l'organisme à privilégier l'utilisation du bois non seulement dans la charpente des constructions, mais aussi comme matériau d'apparence pour la finition intérieure et extérieure, domaine dans lequel nos entreprises excellent.»
Les avantages
En plus d'être écologique et agréable à regarder, le bois enthousiasme les travailleurs pour différentes raisons. «C'est un matériel beaucoup plus facile à utiliser dans toutes les constructions qu'on peut imaginer. De par sa grande disponibilité et la rapidité avec laquelle on peut avoir le bois sur un chantier, comparativement à une structure d'acier ou de béton… On sait aussi que le bois est plus pardonnable quand il y a des ajustements à faire; modifier une poutre de bois versus modifier une poutre d'acier est beaucoup plus simple. Alors côté économies, on en a», énumère le contracteur Raymond Brunet.
Il ajoute qu'il faut cesser les préjugés envers le bois, comme la résistance au feu ou les propriétés acoustiques d'une charpente boisée. «Avec les techniques d'aujourd'hui, les assemblages avec d'autres matériaux complémentaires à l'érection du bois, on rencontre et surpasse même les normes d'une structure d'acier», précise-t-il.
Des projets
Plusieurs grands chantiers en Outaouais sont réalisés avec le bois, comme l'a été l'aréna Robert-Guertin il y a plusieurs dizaines d'années. On a qu'à penser au futur centre communautaire de Wakefield, qui sera composé principalement de bois.
L'architecte Mathieu Lapalme: «La majorité des matériaux viendra de l'Outaouais ou des environs. La charpente structurale en bois et les revêtements intérieur et extérieur en bois, seront coupés le plus possible dans la région, assure-t-il.
La firme Ed Brunet et associés a aussi présenté quelques exemples de projets réalisés avec cette charmante et durable ressource réutilisable: le centre d'oncologie au CSSS de Gatineau, l'abri de piscine de l'Auberge des Draveurs à Maniwaki et l'ajout de chambres au Moulin de Wakefield.
