L’«importance» du look dans les écoles secondaires

Patrick
Patrick Voyer
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En cette période de rentrée scolaire, je trouvais intéressant de parler du look chez les ados... Mais impossible de seulement parler de maquillage avec des ados du secondaire, car il y a trop de facteurs à prendre en considération pour analyser la situation qui y prévaut.

J'ai rencontré quatre finissants des écoles Du Versant et Carrefour pour les cuisiner sur les tendances de la mode au secondaire et vérifier leurs perceptions sur l’importance du maquillage et du look vestimentaire.

Quand on jase de mode tout court avec eux, il est indéniable que si les «standards» ne sont pas respectés, les jeunes se font regarder de travers. Olivier Villeneuve souligne qu’avec tous les magasins à Gatineau, il est facile de se vêtir à la mode. Alexandra Beaulne abonde dans le même sens, mais elle ajoute que plusieurs gangs ou individus ne suivent pas ces courants et sont automatiquement rejetés. Encore faudrait-il que ça les peine tous et toutes…

Ce n’est pas le cas de Xavier Parent. «Je la suis de loin. Quand une chose n’est plus à la mode, je l’essaie!», avoue-t-il.

Quant à Marie-Pier Séguin, elle admet ne pas porter de vêtements griffés. «Ce n’est pas important pour moi, je porte même encore du linge que j’avais en secondaire 1! Je suis toujours un peu en retard sur la mode; j’achète souvent des robes de l’an dernier, ça coûte moins cher!», lance-t-elle en riant.

En général, le quatuor a l'air de se balancer royalement des tendances vestimentaires…

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Le maquillage

Il semble que le maquillage suive la mode vestimentaire au secondaire, si on se fie à nos quatre cobayes. Et c'est là que le terme «hiérarchie» entre en ligne de compte pour qualifier la gradation des gangs dictant la mode. Eh oui, ça commence tôt la hiérarchisation…

Selon Olivier, il y a la «caste supérieure», moins nombreuse que les autres, mais ayant beaucoup d'influence. Les filles, et même les garçons de cette gang, suivent la mode et dénigrent ceux et celles qui ne collent pas à leur mentalité. Est-ce que cela ne cacherait pas un manque d'estime de soi? Les quatre pensent que oui. Impossible alors de ne pas songer aux clichés véhiculés par les films d'ados, à ces jeunes filles pomponnées des pieds à la tête et à ces gars musclés au sourire blanc.

Marie-Pier a fait partie de cette bande au début du secondaire, car elle avait vécu un petit enfer au primaire. Son but était donc de se faire accepter, peu importe comment. Elle a donc joint les rangs des «Doritos», ces filles tellement fardées que leur peau est orange comme les croustilles triangulaires! Les quatre trouvent cela bien drôle et sont heureux d'être enfin débarrassés de cette vision…

Marie-Pier a vite compris que tout ça n'était qu'un jeu. En secondaire 3, elle changé de gang et de philosophie. «Je ne me maquillage pas, sauf dans les grandes occasions. Je n'ai pas le temps le matin, je ne veux pas me lever un peu plus tôt. Ça ne vaut pas la peine de dépenser autant de toute façon pour paraître plus belle. Je m'accepte comme je suis, je n'ai pas besoin de couches de poudre dans la face pour m'accepter», tranche-t-elle.

Alexandra non plus, sauf dans les bals, des soirées toujours un peu artificielles où les filles jouent le jeu... Et elle croit qu'au cégep, toutes ces questions de look seront loin derrière, car les jeunes sont occupés à étudier.

La jeune fille a une sœur de 15 ans qui se maquille à tous les jours… mais d'une manière artistique, car elle désire se marginaliser! Il est ainsi ironique de constater que des jeunes se maquillent pour faire partie d'une bande, alors que c'est le contraire pour d'autres!

Les gars

Tandis que Xavier trouve que le maquillage vieillit les jeunes et rajeunit les vieux (il la trouve bien drôle celle-là), Olivier n'a rien contre une ligne de maquillage autour des yeux lui permettant de fixer davantage ces iris ayant reçu un petit coup de "polish"… Mais il n'embarque pas dans le trip des «Doritos», ça c'est sûr! Impossible pour lui de concevoir qu'une fille se beurre la face avec du Cheese Weez… «Avec un blond platine, ça ressort encore plus!», ironise Marie-Pier, afin de conclure en beauté ce sujet sensible... Il appert donc que les clichés des gangs dans les films d'ado soient vrais? «Les films sont exagérés, ce n'est pas noir ou blanc, il y a du gris», assure Marie-Pier. «Et on n'a pas 25 ans comme les comédiens!», lance Olivier à la blague. Comme quoi, tout est relatif! «Il ne faut pas juste se fier à l'apparence, conclut Xavier. Les préjugés sont un signe d'immaturité…», lance le futur cégépien.

Lieux géographiques: Gatineau

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